Responsable des Soins
Votre expérience solide du milieu hospitalier, votre formation professionnelle et continue (avec supervisions) sont reconnues par tous les collaborateurs et les enfants. L’attention particulière que vous portez aux différentes situations auxquelles les enfants et leurs parents sont confrontés vous permet de vous introduire auprès de tous les enfants sans que cela pose problème ou choque les enfants (ou les parents).
Donc votre feeling, votre écoute, votre capacité d’adaptation vous permettent de rencontrer chacun, même dans les moments les plus pénibles, et de provoquer parfois un sourire.
Vous êtes présents au DEA depuis maintenant de nombreuses années et parfaitement intégrés aux équipes de soins au sens large du terme. Vous faites partie de certaines prises en charge patients et parfois, la douleur s’éloigne plus vite grâce à un grand éclat de rire.
Nous souhaitons longue vie à la présence des clowns dans notre établissement et nous les remercions au nom des enfants et de leurs familles.
Février 2008
Nous connaissons Annie depuis quelques mois mais nous hésitons à entrer dans la chambre. Les parents d’Annie viennent d’apprendre que leur fille ne se développerait pas de manière normale, elle ne marchera pas, elle ne parlera pas. La nouvelle est terrible et ils sont accablés de chagrin.
Scarlette et moi rentrons sur la pointe des pieds en fredonnant une chanson.
La mère lève la tête, nous suit du regard. Elle est penchée sur le lit d’Annie, ses bras sont croisés.
Annie a des malformations physiques, son corps est souvent douloureux et pourtant, elle gigote un peu. Elle semble nous écouter.
Tigrou — ma marionnette — vient lui dire bonjour... et chante aussi de sa petite voix de tigre éraillée. Le père, à distance, assis dans un fauteuil, nous regarde. La mère observe sa fille réagir à la musique, aux effleurements des pattes de Tigrou, et à notre grande surprise, Annie se détend et esquisse une grimace qui s’avère être un sourire...
Moment suspendu, inattendu... la mère nous regarde droit dans les yeux et les clowns sont toutes contentes de la blague d’Annie. « Coquine, va ! Tu as attendu longtemps avant de nous faire ce sourire, tu attendais ton moment... ».
La mère essuie ses larmes et approche sa main, elle lui caresse la joue. Annie réagit, bouge la tête. La mère cherche le regard de son mari qui s’est levé et qui ne quitte pas sa fille des yeux. Nous sommes tous les invités du spectacle du Sourire d’Annie. Nous repartons en chantant doucement, la mère nous sourit et tout de suite après, caresse le visage de sa fille. Toute son attention est portée sur elle. Une fois dans le couloir, Scarlette et moi rions de la blague d’Annie... Ah quel spectacle ! Ah quelle star cette Annie !!!!!
Psychopédagogue
Infirmier en oncologie–pédiatrie
Enfants, parents ou soignants, cette rubrique est la vôtre !
Donnez-lui vie en nous faisant part vous aussi de vos témoignages sur les Hôpiclowns.